Questions & Réponses

Questions et réponses des créateurs Serge Denoncourt, Criss Angel and Guy Laliberté

Quels grands défis ce spectacle représentait-il? Avez-vous eu du mal à transposer sur scène votre travail pour la télévision?

Criss : Il m’a été très facile de passer du petit écran à la scène, car c’est là que j’ai commencé. J’ai les spectacles devant public dans le sang, encore plus que la télévision. J’en fais depuis que je suis petit et je me suis déjà produit 600 fois à Broadway. Je crois que, pour moi, le plus grand défi a été de présenter la magie de manière inédite sur scène. Je voulais m’éloigner des boîtes et de l’esthétique traditionnelle des tours de magie. Je voulais présenter une version sophistiquée de la femme coupée en deux, sans les boîtes; je voulais présenter un spectacle dont l’illusion serait la fibre même. Le grand défi a donc été de trouver une façon d’y arriver, d’intégrer d’autres formes d’art – les costumes, l’éclairage, les effets spéciaux – de manière organique pour parvenir à l’effet recherché. Il y a eu une longue période de tâtonnements pour voir tout d’abord s’il était possible de réussir ce que personne n’avait jamais tenté. Donc, pour nous, ce fut extrêmement exigeant et nous sommes très heureux d’être passés par ce processus.

Guy : Le Cirque n’avait jamais abordé l’art de la magie, donc l’apprentissage fut l’un de nos plus grands défis. Nous avons également dû apprendre à travailler avec une star, une nouveauté pour nous. Nous avons un mode de fonctionnement collectif, donc nous avons dû nous adapter et ce fut très intéressant. Notre autre grand défi était de repousser nos limites, tant sur le plan artistique que technique. L’aspect technique a d’ailleurs été une préoccupation constante. Le niveau de difficulté peut sembler inférieur à celui de «O» ou de KÀ, mais ce n’est pas le cas. Nous nous sommes également assurés que la sécurité des artistes n’était pas compromise.

Serge : Nous ne voulions pas prendre la solution facile, c’est-à-dire copier la formule de Mindfreak. Nous voulions quelque chose de neuf, et c’est là qu’était le défi : trouver un mariage gagnant. En bout de ligne, c’est Criss qui a trouvé la solution.

Guy : J’ai été très étonné de découvrir que je travaillais davantage avec un artiste qu’avec un magicien. Ce fut probablement ma plus grande surprise. En se mettant au défi de ne pas refaire la même chose qu’à la télévision et d’explorer un territoire encore vierge, il m’a prouvé qu’il est un véritable artiste. Il a coécrit le spectacle avec Serge, une autre de mes grandes surprises.

 

Votre succès mine-t-il votre créativité?

Criss : Au contraire! Essayer de réaliser l’inédit, de repousser mes limites et de donner le meilleur de moi-même, le Cirque m’a donné l’occasion de faire tout ça. L’essence du spectacle, c’est de s’attendre à l’inattendu, de croire à la magie. Il s’agit pour moi de montrer au public que mes talents ne se limitent pas à Mindfreak. Les gens qui me connaissent savent que j’aimerais explorer de nombreux territoires; ce qui m’intéresse, c’est de donner le meilleur de moi-même en tant qu’artiste.

 

Guy, connaissez-vous maintenant LES secrets et Criss, comment êtes-vous devenu magicien?

Guy : La réponse est chhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhut!

Criss : J’ai appris mon premier tour de magie quand j’avais sept ans. J’ai commencé à faire des spectacles à 11 ans.

Guy : La vraie réponse, c’est que, oui, nous avons accès aux grands secrets du magicien. J’ai étudié un peu la magie à l’époque où j’étais artiste, donc je connaissais déjà quelques trucs avant de commencer le projet. Cependant, il y a des choses que je ne comprends toujours pas et dont je ne veux pas connaître le secret, car je préfère continuer à m’émerveiller. Je tire toujours mon plaisir du fait de ne pas savoir. Je veux rester un enfant et vivre la surprise avec la même simplicité.

Serge : Il y a un tour dont je ne connais pas encore le secret, même si j’ai mis en scène le spectacle de A à Z. Et, le secret, je ne veux pas le connaître.

 

Le concept du spectacle a-t-il été choisi en fonction des illusions ou vice versa?

Serge : Nous avions un scénario-maquette où se trouvaient les illusions créées par Criss. Nous en avons discuté, nous avons échangé des idées et nous avons commencé à parler de ce que nous aimons, de nos goûts. Son film préféré est Le magicien d’Oz. L’un de mes livres préférés est Alice au pays des merveilles, donc nous aimons tous les deux les situations où un personnage entre dans un univers parallèle. Ce point en commun est devenu la base du spectacle. Il est le premier à marcher sur un mur souple devant public. Il l’a peut-être déjà fait dans Mindfreak, mais c’est entièrement différent cette fois-ci : il n’y a pas de montage, c’est en direct. Ce fut un cauchemar à réaliser sur scène, mais le défi nous tentait. Certaines illusions n’étaient pas dans le scénario original, mais environ 85 % provenaient de celui de Criss.

Criss : C’est vrai, mais la plupart des illusions du scénario original ont été réécrites en fonction de leur nouveau cadre. Néanmoins, nous avions la base. J’ai réfléchi de nombreuses années à la façon de réaliser ces illusions. J’avais déjà fait toute la recherche et le développement – nous voulions en profiter. En bout de ligne, il s’agit d’une combinaison d’idées.