La création

Journal de production - Premier numéro


Par Wayne Robinson, Machiniste
Wednesday, March 15, 2006


Je suis de retour! Comme certains d’entre vous le savent, j’écrivais auparavant des articles à propos de KÀ. Depuis, j’ai été muté à l’équipe d’installation de Mirage 2006, notre prochain spectacle fixe inspiré de la musique des Beatles.

L’installation d’un spectacle fixe est un événement qui n’a pas son pareil dans le domaine technique. En tant que leader de son secteur d’activité, le Cirque du Soleil apporte une attention particulière aux aspects créatifs et l’utilisation qu’il fait de l’acrobatie et des effets spéciaux impose des exigences particulières lors de la fabrication ou de la rénovation d’un théâtre — il doit être plus haut, plus grand, plus large et il faut s’assurer que toutes les composantes vont bien aller ensemble.

Le théâtre peut être à divers états d’avancement compte tenu du moment où l’on se joint à l’équipe d’installation. À mon arrivée, le creusage était terminé, les plates-formes devant accueillir les sièges étaient déjà en place et la majorité des structures du gril avaient été installées. Cependant, si l’on veut respecter la date de première prévue pour juin, il reste beaucoup de travail à faire. Les éléments scéniques et les accessoires commencent à arriver de Montréal en vue des répétitions qui commenceront d’ici quelques jours.

Puisque le spectacle sera présenté sur une scène centrale, ce qui signifie que les éléments scéniques devront être amenés sur scène soit par en dessous soit par au-dessus de celle-ci, la période d’installation regorge de défis! Comme pour chaque nouvelle production du Cirque, celle-ci comporte des choses qui n’ont jamais été tentées auparavant dans une salle de spectacle. Évidemment, nous sommes tenus au silence jusqu’au lancement du spectacle et je ne peux donc rien divulguer! Par contre, je peux vous dire que nous disposons de cinq élévateurs pour déplacer les artistes et les éléments scéniques des paliers inférieurs au niveau de la scène.

Participer à la phase de fabrication et de création est très gratifiant; je remarque des progrès tous les jours. Le théâtre a déjà l’air nettement plus petit que quand je me suis joint à l’équipe! Apparaissent les poutres, les éléments de masquage, les projecteurs, les haut-parleurs, les éléments scéniques, les accessoires et le revêtement du plancher et des murs, et, tout à coup, la production prend vie. Au moment d’écrire ces lignes, les machinistes commencent à établir les transitions et l’assignation des séquences de signaux en plus d’assembler tous les « trucs » que Montréal nous a envoyés par camion. Comme tout arrive en pièces détachées, il faut assembler les éléments avant de les installer à leur place dans le théâtre.

L’équipe de l’éclairage a déjà installé plus de 90 % des projecteurs et commencera bientôt l’étape de calibrage de ceux-ci. Du côté du son, on amorcera les tests bientôt, incluant la vérification des haut-parleurs installés dans les sièges. L’équipe de l’automatisation est en train de programmer tous les mouvements des élévateurs et des trappes en plus d’établir les séquences de signaux qui devront être synchronisées avec les tableaux du spectacle. Chez les physiothérapeutes, on assemble les appareils d’exercice qui permettront aux artistes de garder la forme alors que l’équipe des costumes se prépare à répondre à tous les besoins en matière de costumes et de maquillage. Les gréeurs ont suspendu la plupart des gréements au gril; ceux-ci permettront de suspendre des artistes et des éléments scéniques. La régie planifie les horaires de répétition et coordonne les transitions de tableaux avec l’équipe technique… Il va sans dire que ça bourdonne d’activité ici et que ce sera comme ça jusqu’à la grande première!