(Le Soleil, Québec) D'habitude, les insectes provoquent un petit mouvement de recul et parfois un cri, quand ils nous font sursauter. Mais les bestioles colorées du Cirque du Soleil, on les adopterait presque toutes et on savourerait leur grâce encore et encore.
Au creux d'une termitière ou dans une toile d'araignée, nous nous sommes aventurés dans un petit écosystème où l'arrivée d'un étranger, portant un gros oeuf, a suscité l'émerveillement. Nous avons aussi assisté aux amours naissantes d'une coccinelle dodue et d'une mouche bleue.
En ouverture, un numéro d'équilibre sur canne alliant la force et la souplesse a mis la barre assez haut pour la suite. Les très jolies fourmis rouges ont rempli ensuite toutes les promesses. Faisant rouler kiwis et épis de maïs sur leurs pieds agiles, elles jonglent plus tard avec les corps. Les fourmis projetées dans les airs rattrapent des tambourins volants : adresse et précision incroyables.
Les papillons blancs ont offert un moment de grâce absolue. Un couple, une corde et un envol d'une élégance et d'une poésie totales, des prouesses à couper le souffle.
Un peu de danger...
L'odeur du danger s'est pointée avec le formidable numéro de fil mou. L'acrobate fou a enchaîné sur son fil instable des pirouettes et des roues. Il s'est avancé sur les mains, jambes au ciel, avant de finir de nous éblouir avec un unicycle posé sur le fil. Assis dessus? Non, trop facile! Il a pédalé avec ses mains, laissé ses jambes pointées vers le haut et posé sa tête sur le guidon! La coccinelle rigolote et la mouche bleue ont donné des teintes d'humour au spectacle, tissant toutes les deux le fil conducteur avec leur difficile histoire d'amour.
Avant que les deux bestioles ne se trouvent l'une l'autre, un clown a recherché des amoureuses potentielles pour la mouche... J'ai même fait partie des candidates : le clown m'a fait retirer ma p'tite laine pour découvrir mes épaules, il m'a recoiffée et fait miauler pour séduire la bestiole, qui n'en avait rien à cirer, finalement! Tant mieux, j'ai pas eu le béguin moi non plus, mais on a bien ri! […] OVO fourmille de beaux moments et on savoure ici et là de joyeuses trouvailles, comme cette Créatura, une sorte de slinky géant à cinq extrémités qui bougent mystérieusement.
Le Soleil, 31 juillet 2009
Par Valérie Lesage
Photos : Yan Doublet