LE SPECTACLECRÉATEURS
Guy Laliberté est né à Québec en 1959. Accordéoniste, échassier et cracheur de feu, il fonde, avec le soutien d'un noyau de complices, le premier cirque d'origine québécoise de réputation internationale. Visionnaire audacieux, M. Laliberté sait reconnaître et cultiver le talent des amuseurs publics de la Fête foraine de Baie-Saint-Paul pour créer, en 1984, le Cirque du Soleil. Premier artisan du métissage des cultures et des disciplines artistiques et acrobatiques qui caractérise le Cirque du Soleil, Guy Laliberté a été, depuis 1984, le guide de l'équipe de concepteurs lors de la création de tous les spectacles. Il a ainsi contribué à élever les arts du cirque au rang des grandes disciplines artistiques. Le Cirque du Soleil est aujourd'hui une entreprise internationale par la composition de son organisation, par ses influences et par l'étendue de ses activités. Guy Laliberté se retrouve à la tête d'une entreprise qui déploie ses projets et ses réalisations sur cinq continents. En octobre 2007, Guy Laliberté réalise son deuxième grand rêve : il crée la Fondation ONE DROP visant à contrer la pauvreté en favorisant l'accès durable à l'eau potable. Ce projet, qui s'inscrit au cœur même de la survie des êtres humains et des sociétés partout sur la planète, est né des mêmes valeurs qui l'animent depuis les débuts du Cirque du Soleil : la conviction que ce que l'on donne à la vie nous revient et que chaque geste individuel peut faire toute la différence. En 2007, Guy Laliberté est triple lauréat du Grand prix de l'entrepreneur d'Ernst & Young car il remporte les honneurs des volets régional, national et international de ce prestigieux programme de reconnaissance. En 2004, la Gouverneure générale du Canada remet à Guy Laliberté l'insigne de l'Ordre du Canada, la plus haute distinction du pays. La même année, son nom figure au palmarès des cent personnes les plus influentes de Time Magazine. Guy Laliberté est également honoré par le groupe Condé Nast, en 2003, dans le cadre du Never Follow Program, un hommage aux créateurs et aux innovateurs. En 2001, il est nommé Grand Montréalais par l'Académie du même nom. En 1997, Guy Laliberté reçoit l'Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec.
Lorsque Gilles Ste-Croix a annoncé à ses parents qu’il voulait se lancer dans le show-business, ils se sont exclamé : " N’importe quoi, mais pas ça! " Gilles Ste-Croix a grandi sur une ferme en Abitibi, mais il était résolu à ne pas y rester. Devenu un hippie et un saltimbanque, il a entrepris un voyage de quatre années sur la côte Ouest canadienne, où il est happé par la contre-culture. Il y vivait dans un réseau de communes, côtoyant d’autres jeunes qui voulaient transformer la société. Gilles Ste-Croix a pourtant fait des efforts pour se conformer, s’enrôlant même dans un bureau d’architectes. Mais il savait que le monde des affaires tel qu’il était à l’époque ne lui convenait pas. Gilles Ste-Croix souligne que, durant son adolescence, il avait un ardent désir de réussir, mais aussi de divertir les gens. Son entrée dans le monde du show business s’est effectuée d’une manière tout à fait inusitée. À la fin des années 1970, Gilles Ste-Croix vivait dans une commune à Victoriaville, au Québec, et cueillait des pommes dans un verger pour gagner de l’argent. Un jour, il a songé que ce serait beaucoup plus facile s’il fixait l’échelle à ses jambes : il a donc fabriqué sa première paire d’échasses. Un ami voyant l’échassier cueillant le fruit lui a alors parlé d’une troupe d’artistes au Vermont – le Bread and Puppet Theatre – qui présentaient des spectacles sur échasses. Intrigué, Gilles Ste-Croix est allé voir leur spectacle et s’est rendu compte que ses aptitudes de cueilleur de pommes pourraient fort bien être exportées dans le monde du divertissement! En 1980, Gilles Ste-Croix, en compagnie d'une bande d'artistes de rue, fonde les Échassiers de Baie-Saint-Paul, à qui l'on doit l'organisation de la Fête foraine de Baie-Saint-Paul. Ce rassemblement coloré d'amuseurs publics allait donner naissance au Cirque du Soleil, en 1984, sous la direction de Guy Laliberté. En 1984 et en 1985, Gilles Ste-Croix conçoit et interprète de nombreux numéros d'échasses pour le Cirque du Soleil. En 1988, il en devient le directeur artistique tout en coordonnant la recherche de talents aux quatre coins du monde. De 1990 à 2000, il a été le directeur de la création de toutes les productions du Cirque du Soleil, soit Nouvelle Expérience, Saltimbanco, Alegría, Mystère, Quidam, La Nouba, "O" et Dralion. En 1992, il a signé la mise en scène de Fascination, le premier spectacle du Cirque du Soleil présenté en aréna au Japon. Il met également en scène, en 1997, Pomp Duck and Circumstance, un cabaret-théâtre présenté en Allemagne. Porté par son amour des chevaux, Gilles Ste-Croix décide, en 2000, de quitter le Cirque du Soleil afin de concrétiser un de ses grands rêves : créer un spectacle équestre. Il fonde sa propre entreprise. Entre mai 2001 et janvier 2003, son spectacle Cheval Théâtre, réunissant 30 chevaux et autant d'acrobates, a été présenté sous chapiteau dans dix villes en Amérique du Nord. En décembre 2002, Gilles Ste-Croix revient au Cirque du Soleil pour assumer le rôle de vice-président de la création – développement de tous les nouveaux spectacles et projets au Cirque du Soleil . En juillet 2006, il devient vice-président principal – contenu créatif.
Neilson Vignola a mené une carrière impressionnante en tant que régisseur, directeur de production et assistant à la mise en scène au théâtre, à l’opéra et au cirque. Il complète ses études en production à l’École nationale de théâtre en 1980 et occupe, par la suite, plusieurs fonctions au sein d’importantes compagnies de théâtre à Montréal, dont le Théâtre de Quat’Sous, le Théâtre du Nouveau Monde, la Compagnie Jean Duceppe et l’Espace Libre. C’est avec Les contes d’Hoffman, en 1981, que Neilson Vignola fait ses premiers pas dans le monde de l’opéra en tant que régisseur. Lauréat d’une bourse du Conseil des arts du Canada et du Ministère des arts et de la culture du Québec, il part en Europe en 1985 où, pendant un an, il côtoiera des metteurs en scène du milieu de l’opéra. En 1986, il seconde le metteur en scène Richard Dembo sur Les contes d’Hoffman ainsi que Robert Altman sur The Rake’s Progress. Il récidive en 1989 avec Aida, présenté au Tokyo Dome, au Japon, et au Skydome de Toronto. L’Opéra de Montréal lui confie le rôle de directeur de production, poste qu’il occupera de 1990 à 1993. Il participe ensuite à la création de Turandot, présenté au Stade olympique de Montréal et, en 1997, il signe la mise en scène de La Cenerentola à l’Université McGill de Montréal. Fidèle collaborateur de Robert Lepage, il seconde le metteur en scène sur trois opéras, soit La damnation de Faust (à l’affiche au Japon en1999, à Paris en 2001 et à New York en 2008), 1984 (présenté à Londres en 2005) et The Rake’s progress (à Bruxelles en 2007). Au fil de sa fructueuse carrière, Neilson Vignola a imprimé sa marque sur de nombreux festivals, spectacles de danse, concerts et comédies musicales. La compagnie de danse La La La Human Steps, le Théâtre populaire de Québec, le Festival international de nouvelle danse, le Festival de théâtre des Amériques et la chanteuse Diane Dufresne feront appel à ses talents de régisseur, de directeur technique ou d’assistant à la mise en scène durant la décennie 1987-1997. 1998 marque l’arrivée de Neilson Vignola au Cirque du Soleil. D’abord directeur technique sur Saltimbanco, il est ensuite nommé directeur de tournée intérimaire de ce spectacle. Après avoir été directeur du projet des nouvelles infrastructures de tournée en 2002, il se joint à l’équipe de KÀ la même année en tant qu’assistant du metteur en scène Robert Lepage et régisseur de production. Il cumule ces mêmes fonctions pour la production DELIRIUM, mise en scène par Victor Pilon et Michel Lemieux en 2005, avant de se voir confier la direction de création de ZAIA. " La plus grande satisfaction que l’on puisse avoir est de conquérir le public, avoue Neilson Vignola. Pour y arriver, nous devons fournir un travail d’équipe de tous les instants. Je suis un mordu de la collaboration et déteste travailler en vase clos. Le brassage d’idées me nourrit. " Neilson Vignola est né à Forestville, au Québec, en 1956.
L’auteur, acteur et metteur en scène Gilles Maheu, l’un des chefs de file de la création théâtrale au Canada, est reconnu pour l’originalité de ses œuvres, qui mêlent texte, danse, musique et film. Au cours des trente dernières années, Gilles Maheu a dirigé la compagnie de théâtre Carbone 14, dont les œuvres ont été présentées dans plus de trente pays et remporté une quarantaine de prix, tant au Canada qu’à l’étranger. Gilles Maheu se fait remarquer en 1998 avec la mise en scène de Notre-Dame de Paris, qui obtient le Victoire du meilleur spectacle de l’année à Paris et le Félix du meilleur spectacle musical et de la meilleure mise en scène, à Montréal. Cette oeuvre a connu un riche parcours international, attirant plus de sept millions de spectateurs dans 12 pays, dont la Chine, la Corée du Sud et Taïwan. En 2004, sa mise en scène de Don Juan, qui connaît également un succès retentissant à Montréal, à Paris et à Séoul, lui vaut les prix Félix du meilleur spectacle et de la meilleure mise en scène. Gilles Maheu est le cofondateur des compagnies de théâtre montréalaises l’Espace libre et l’Usine C. Dans ce lieu de recherche et de création, il accumulera les accolades, remportant notamment le Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts de la scène en 1992 et le grand prix du Conseil des arts de Montréal en 1995. Le succès international de Gilles Maheu se confirme une fois de plus lorsque la compagnie Songlei Media Communications de Beijing lui confie, en 2006, la direction de création du tout premier opéra privé chinois, intitulé Butterflies. Au cinéma, Gilles Maheu a incarné le rôle principal du film Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon en 1988. Cette prestation mémorable lui vaut d’être finaliste pour le prix du meilleur acteur aux prix Genie (Toronto). Gilles Maheu signe, avec ZAIA, sa première collaboration avec le Cirque du Soleil . Toutefois, il connaît son fondateur, Guy Laliberté, depuis une trentaine d’années. " Nous avons fait du théâtre de rue ensemble avant même l’existence du Cirque ", explique le metteur en scène. " C’est un période intéressante pour travailler avec le Cirque du Soleil , ajoute-t-il. La compagnie se diversifie et explore de nouvelles formes d’expression artistique. Nous avons des affinités et parlons le même langage – non pas un langage axé sur le texte, mais un langage corporel, physique et acrobatique. ZAIA est issu de la rencontre entre mon écriture poétique et visuelle et la magie acrobatique du Cirque du Soleil. " Gilles Maheu est né à Montréal, au Québec.
Guillaume Lord fait des études en communications au Collège Jean-de-Brébeuf, à Montréal, mais son côté rêveur et poète le pousse à s’inscrire à l’option théâtre du Collège Lionel-Groulx, à Saint-Thérèse, où il étudiera de 1990 à 1993. Le scénographe, qui exerce son métier depuis une quinzaine d’années tant au Québec qu’à l’étranger, s’intéresse à la fois au théâtre, à la danse, au cirque, aux variétés (la tournée mondiale d’Arturo Brachetti) et à la comédie musicale. Pour la scène, Guillaume Lord a notamment signé les décors de Art au Théâtre du Rideau Vert, de Décadence au Théâtre de Quat’Sous, de La Promesse de l’aube à l’Espace Go, de Pacamanbo (un opéra pour enfants) ainsi que de Eja Mater à l’Opéra de Paris. Sa scénographie de la pièce Le Temps et la chambre, au Théâtre du Nouveau Monde, lui a valu le Prix Gascon-Roux des meilleurs décors et le trophée de l’Académie au Gala des Masques. En plus de travailler auprès de metteurs en scène québécois réputés tels que Serge Denoncourt, André Brassard, Claude Poissant, Lorraine Pintal et Wajdi Mouawad, Guillaume Lord a également exploré le monde de la danse en collaborant avec les chorégraphes Shann Hounsell (du Théâtre national de la République tchèque), Ginette Laurin (de la compagnie O Vertigo) et Jean Grand-Maître, dont il a signé les décors de toutes les créations à Paris, Stuttgart, Munich, Milan et Oslo. Au cinéma, le nom de Guillaume Lord figure au générique des films The Case of the Whitechapel Vampire (2002), Course à la cigogne (2002), Chant des sirènes et Signe des quatre (2001), L’Enfant de la musique (1999), Faces of Dance et Magic Violon (1996) à titre de directeur artistique ou d’assistant directeur artistique. Il signe également le concept visuel de nombreuses expositions au Musée national des beaux-arts du Québec. Guillaume Lord signe, avec ZAIA, sa première collaboration avec le Cirque du Soleil . " Au Cirque, on donne carte blanche aux concepteurs sur toute la ligne, dit-il. C’est stimulant et exaltant à la fois. " " Pour moi, ZAIA est un voyage intérieur dans le temps et dans l’espace, explique Guillaume Lord. La scénographie, où les arcs et les lignes de fuite prédominent, évoque les instruments d’optique – de la lunette d’approche à l’œil humain en passant par le grand télescope. Le spectateur, installé à l’intérieur d’un énorme observatoire, contemple le ciel nocturne étoilé. J’ai eu recours à la carte du ciel pour offrir une représentation fidèle des constellations. " Guillaume Lord est né en 1971, à Montréal.
Dominique Lemieux a signé les costumes de tous les spectacles du Cirque du Soleil entre 1989 et 1998. Sa griffe est associée aux créations Le Cirque réinventé (1989), Nouvelle Expérience (1990), Saltimbanco (1992), Mystère (1993), Alegría, (1994) Quidam (1996), "O" , La Nouba (1998) et Corteo (2005). En tant que conceptrice des costumes, Dominique Lemieux fait beaucoup plus qu'habiller les artistes. Ses oeuvres jouent un rôle déterminant dans la création des personnages fantastiques qui peuplent l'univers du Cirque du Soleil . Dominique Lemieux dessine depuis sa plus tendre enfance. Sa passion l'amène à étudier en beaux-arts à l'Université Concordia. Après l'obtention de son diplôme, elle devient graphiste et illustre des livres pour enfants. Elle entre ensuite en scénographie à l'École nationale de théâtre du Canada (ÉNT). Ses cours de dessin et de création de costumes confirment sa passion pour son futur métier. Entre 1986 et 1988, Dominique Lemieux travaille comme assistante auprès de François Barbeau, un des grands concepteurs de costumes à Montréal et professeur à l'ÉNT. Pendant cette période, on peut voir ses créations sur de nombreuses scènes montréalaises. Un grand nombre de metteurs en scène du milieu théâtral québécois font appel à ses talents. Dominique Lemieux se joint au Cirque du Soleil en 1988 et ses créations ne cessent, depuis, de susciter l'émerveillement des spectateurs du monde entier. Rompue à l’art de fusionner forme et fonction, elle se démarque par son esprit du détail et son souci de l’artiste, notamment en analysant la façon dont les fibres réagissent au contact de la peau et des mouvements de l’acrobate. Pour créer les costumes de ZAIA, Dominique Lemieux a voulu évoquer la diversité culturelle. " Dans ma recherche visuelle, je me suis inspirée des citadins des grandes villes du monde, explique-t-elle. De la diversité ethnique qui caractérise les métropoles modernes – diversité qu’embrassent spontanément les jeunes d’aujourd’hui – a émergé une nouvelle culture qui se reflète dans la manière de se vêtir. Les costumes de ZAIA font un clin d’œil à cet éclectisme et à cette fusion des genres. " Dominique Lemieux est née en 1957, à Montréal.
Née à Trieste (Italie) d’un père compositeur et chef d’orchestre et d’une mère chanteuse d’opéra, Violaine Corradi arrive à Montréal à l’âge de quatre ans. Poursuivant la tradition familiale, elle reçoit une formation classique en chant, piano, clarinette et flûte traversière. À l’âge de sept ans, elle joint les chœurs d’enfants qui accompagnent l’Opéra Bolshoï, La Scala de Milan et l’Opéra du Québec lors de leur passage à la Place des arts de Montréal. Plus tard, elle étudie en art dramatique, choisit le piano comme instrument principal et s’intéresse aux musiques du monde qui deviendront l’un des pivots autour desquels son travail s’articulera . Les réalisations de Violaine Corradi témoignent de la diversité de ses influences et de ses intérêts. Elle a signé de nombreuses trames sonores d’expositions et de films. Entre 1993 et 1998, elle a composé, arrangé et interprété la musique qui accompagne les textes de grands poètes québécois réunis dans la série audio Poésie/musique . Les neuf titres de cette production, dont elle est co-réalisatrice, ont connu un vif succès dans toute la francophonie . Des pièces de son album solo Passages, lancé en 1996, se trouvent sur plusieurs compilations, dont Illuminations, aux côtés d’œuvres de Philip Glass, Jon Anderson et Andreas Vollenweider. Depuis 1999, Violaine Corradi a notamment composé, arrangé, réalisé et assuré la direction musicale de la trame sonore des films grand format (IMAX) Bears et LeGrand Nord (Great North), gagnant du Grand prix 2001 du Festival du film de la Géode, à Paris. Violaine Corradi compose, avec ZAIA, la musique d’un troisième spectacle du Cirque du Soleil , après Dralion et Varekai. " Au Cirque du Soleil , on demande aux concepteurs de se lancer dans le vide, comme des acrobates. Mais on nous offre également un environnement collectif de création : c’est en quelque sorte notre filet ", note Violaine Corradi qui, en plus de son travail de compositrice, est directrice musicale des spectacles auxquels elle a participé . " Le metteur en scène de ZAIA, Gilles Maheu, a bâti un scénario très inspirant qui m’a immédiatement interpellée et a su stimuler mon processus créatif, commente Violaine Corradi. Pour établir les axes principaux de la trame musicale, le plus souvent je développe d’abord les thèmes que m’inspirent les personnages, et à partir d’eux se dégagera l’essence singulière qui appartient à ce spectacle . " Violaine Corradi, est née à Trieste, en Italie, en 1959.
Reconnu pour ses créations saisissantes, le chorégraphe suisse-allemand Martino Müller a commencé sa carrière comme danseur classique et patineur artistique. C’est au Ballet Karlsruhe, en Allemagne, qu’il fait ses débuts professionnels. Son talent est vite reconnu et il remporte, en 1982, le prix du Concours international de Lausanne, en Suisse. Il se joint par la suite au Ballet Stuttgarter, sous la direction de Marcia Hydé. Sa rencontre avec les œuvres contemporaines du chorégraphe Jiri Kylián éveille son intérêt pour la danse moderne. C’est alors qu’il déménage aux Pays-Bas où il travaillera avec le Nederlands Dans Theater (NDT I) pendant neuf ans. En 1992, Martino Müller fait une première incursion, fort remarquée, dans le domaine de la chorégraphie à l’invitation de NDT II – un groupe créé par la compagnie néerlandaise NDT I – en créant Who’s Watching Who?, lauréat du prestigieux Prix de la Fondation pour les arts d’Amsterdam. La même année, le chorégraphe se rend à Bad Gleichenberg, en Autriche, à l’invitation du Festival der Kunste. Cet engagement mène à la création de A Woman Can Take You to Another Universe, Sometimes She Just Leaves You There, une œuvre que NDT 1, intègre à son répertoire, tout en lui commandant une autre création en 1994, intitulée Heïdi. L’année suivante, il reçoit le Prix Jacob-Burckhardt de la Goethe-Stiftung, à Bâle, et met fin à sa carrière de danseur. Depuis lors, il a chorégraphié pour un grand nombre de compagnies prestigieuses dont le Ballet de l’opéra-ballet de Lyon, le Deutsche Oper Berlin, le Komische Oper Berlin, le Ballet Gulbenkian du Portugal, le Ballet de Stuttgart, le BalletMet de Columbus, en Ohio, ainsi que le Ballet de Göteborg, en Suède. La première chorégraphie de Martino Müller dans le monde de la comédie musicale, Notre Dame de Paris (mise en scène par Gilles Maheu) est en nomination pour le Masque québécois de la contribution spéciale en 2000. Dans cette œuvre qui a fait le tour du monde, le chorégraphe a scindé danse moderne et acrobatie, une prestation qui a mené à sa participation à la création de ZAIA, sa première collaboration avec le Cirque du Soleil . " C’est un défi énorme de combiner les arts du cirque et la danse, souligne Martino Müller. Danser, c’est tout simplement exprimer des émotions en bougeant et en libérant son énergie émotive. Dans un premier temps, cette énergie unit les danseurs et les acrobates les uns aux autres et, dans un deuxième temps, elle interpelle et inspire le public en lui faisant vivre toute une gamme d’émotions . Dans ZAIA, les chorégraphies sont structurées, mais les danseurs disposent d’une certaine marge de manœuvre. Je les encourage à se surpasser car ils ne peuvent exécuter sans cesse les mêmes gestes à chaque représentation. " Martino Müller est né en 1963, à Aarau, en Suisse, et vit à Amsterdam.
Reconnu pour son aptitude à amalgamer ses grandes qualités athlétiques et son éclectisme artistique incontestable, Jeff Hall apporte à la scène un mélange distinct d’humour, de dialogue et de performance physique. Après avoir été sacré champion canadien de frisbee de style libre en 1989 et en 1990, il suit un cours de danse afin de parfaire ses aptitudes techniques en frisbee, ce qui le mènera vers les arts de la scène. Il obtient par la suite un baccalauréat en danse contemporaine à l’université Concordia et a suit une formation en musique classique à l’université McGill à Montréal. Jeff Hall a amorcé sa carrière professionnelle en collaborant avec plusieurs chorégraphes indépendants pour éventuellement participer aux créations Joe et Piazza de la Fondation Jean-Pierre Perreault. De 1990 à 1995, il a fait de nombreuses tournées avec la compagnie de danse montréalaise Carbone 14, participant à la fois au spectacle et au film intitulés Café des aveugles, à la création Le Dortoir ainsi qu’a l’adaptation cinématographique de ce spectacle, lauréate de nombreux prix et signée François Girard. À titre de codirecteur artistique de la compagnie montréalaise PPS Danse, Jeff Hall a cosigné la création de Bagne, présentée partout aux États-Unis et en Europe. Il a aussi cosigné la création de la production multimédia intitulée Pôles en collaboration avec les artistes visuels Michel Lemieux et Victor Pilon. Il a également participé à la création collective suisse OMA en 1999 et enseigné à l’École de cirque de Verdun, où il a créé trois des spectacles annuels des étudiants de cette institution. Il a aussi participé à la création d’un spectacle de cirque de deux heures, intitulé Les Écureuils; cette création a remporté un énorme succès et a été vue par plus de 16 000 étudiants depuis 2005. En 2001, Jeff Hall renoue avec la compagnie Carbone 14 en tant qu’artiste, prenant part au spectacle Silences et cris du metteur en scène Gilles Maheu, dont il sera l’assistant, en 2002, lors de la création de Bibliothèque. Cette même année, il sera l’assistant du réputé metteur en scène Robert Lepage dans la reprise de la Trilogie des dragons. Il jouera le même rôle auprès de Marie Brassard en collaborant à la création de La Noirceur. Ces deux œuvres ont été présentés dans le cadre du Festival de théâtre des Amériques, en 2003. Depuis lors, il a fait des études en réalisation cinématographique à l’Institut national de l’image et du son (INIS). Jeff Hall a obtenu trois bourses de création du Conseil des arts du Canada, qui lui a aussi décerné son prestigieux prix Jacqueline-Lemieux pour son travail de chorégraphe. Son travail a été présenté dans le cadre du Festival Danse Canada (Ottawa), du Festival international de nouvelle danse (Montréal), du Festival Tager der Zeitgenössischen Musik (Dresden en Allemagne), au Festival des arts de l’Expo 1998 (Lisbonne) et au Arts Festival of Atlanta. La première collaboration de Jeff Hall avec le Cirque du Soleil remonte à 2005, lorsqu’il s’est engagé à titre d’entraîneur artistique pour le spectacle LOVE. " Dans les arts du cirque, la chorégraphie s’apparente à du théâtre physique axé sur les compétences des artistes et empreint des émotions que véhicule les thèmes du spectacle, explique-t-il. C’est un travail d’équipe mené de concert avec les entraîneurs acrobatiques. J’aime amener les acrobates – certains n’ayant aucune expérience de la scène – sur le terrain de la danse où leurs aptitudes acrobatiques doivent s’arrimer à leurs personnages scéniques individuels. C’est un vrai privilège de voir évoluer ces artistes au fur et à mesure qu’ils sont confrontés, chaque jour, à leurs limites personnelles et physiques. " Jeff Hall est né en 1958, à Ottawa, au Canada.
Rob Bollinger était tout destiné à une carrière dans le monde des arts acrobatiques. Sa mère était danseuse de ballet et son père, intronisé au panthéon de la Fédération de gymnastique américaine, est un pionnier de la discipline du trampoline. Il est l’inventeur du double mini trampoline et était propriétaire, à l’époque, d’un club de trampoline dans son Illinois natale. " J’ai vécu sur un trampoline toute ma vie, et dès l’âge d’un an ", se rappelle Rob Bollinger. Le trampoliniste et plongeur de haut vol a fait des études commerciales à l’université de l’Indiana, où il a obtenu une bourse sports-études pour pratiquer le sport de plongeon au tremplin. Il a remporté deux championnats nationaux, se qualifiant pour les Jeux olympiques de 1980 et ceux de 1984. N’étant pas accepté au sein de l’équipe à ces deux reprises, il décide d’abandonner la compétition sportive. Rob Bollinger s’essaye à divers mandats liés à l’aéronautique et aux assurances, mais l’envie de renouer avec l’acrobatie est irrésistible. Il prend part à des spectacles de plongeon dans des parcs thématiques ce qui le mène partout en Europe. De retour aux États-Unis, il met ses talents de plongeur et de trampoliniste au service du cinéma et de la télévision en devenant cascadeur professionnel, notamment pour les studios Universal. C’est à titre d’entraîneur que Rob Bollinger s’enrôle au Cirque du Soleil en 1993, où il fait également partie de la distribution originale du spectacle Mystère, en prenant part aux numéros de trampoline, de planche sautoir, de mâts chinois et de tambours taiko. En 1997, il se joint à l’équipe du spectacle "O", d’abord comme entraîneur, puis comme coordonnateur artistique et, finalement, comme directeur artistique. Il occupera plus tard en parallèle la fonction de direction artistique du spectacle Mystère. ZAIA marque la première collaboration de Rob Bollinger à un spectacle du Cirque du Soleil à titre de concepteur. " Avec ZAIA, j’ai voulu que la performance acrobatique s’inscrive dans un continuum, plutôt que d’être morcelée en tableaux séparés, explique-t-il. Par exemple, la fin de la séquence de planche-sautoir devient le début de la séquence au trampoline. " En plus d’avoir contribué à la conception des numéros d’oriflammes, de mâts chinois, de cadre aérien, de main à main et de courroies aériennes, il conçoit un équipement innovateur qui fusionne les disciplines du trampoline et de la planche sautoir. " Durant Mystère, j’ai eu l’idée de combiner le trampoline et la planche sautoir, poursuit-il. Douze années plus tard, j’ai l’occasion de mettre au point ce concept en créant deux surfaces de rebond – un mélange de trampoline, plutôt souple, et de power track, plutôt rigide – reliées au centre par une planche sautoir. J’ai un peu l’impression, avec cette contribution, de suivre les traces de mon père. " Rob Bollinger est né en1960, à Sycamore (Illinois), aux États-Unis.
Guy Lemire est un bricoleur dans l’âme. Enfant, il adorait monter et démonter tout objet mécanique ou mû par un moteur. Il a grandi dans les ruelles de son quartier, où il passait son temps à construire toutes sortes de bricoles. Guy Lemire s’intéresse au théâtre par l’entremise de la troupe amateur de son école secondaire, qui regroupe une bande de rebelles et de contestataires. Quelques jours seulement après avoir commencé ses études à l’École nationale de théâtre en 1986, il est appelé à installer des équipements scéniques dans l’ancien théâtre du Monument-National, " un espace de création doté d’un système de sacs de sable pour les contrepoids des perches, avec des griffes et des cordages en chanvre; bref, une école fabuleuse ", se rappelle-t-il. Curieux et créatif – des qualités incontournables dans son métier –, Guy Lemire se forge, au fil de ses mandats, une solide réputation dans le milieu du théâtre montréalais comme réalisateur de concepts scénographiques comportant une dimension mécanique. Il déploie ses talents dans bon nombre de productions au Théâtre du Trident, au Festival d’été de Québec, au Monument-National, au Théâtre de Quat’sous, au Théâtre du Nouveau Monde ainsi que dans plusieurs autres productions en tournée au Québec, dont le spectacle Océania du centre de divertissement virtuel Metaforia. Il a aussi contribué à des émissions télévisuelles québécoises telles que le Gala des Olivier, la Soirée des Jutra et la Soirée des Masques. En 2002, le Cirque du Soleil confie à Guy Lemire la conception et la réalisation de certains des éléments scéniques du spectacle KÀ en le nommant chargé de projet à la scénographie. Fort de ces succès, il participera par la suite à plusieurs projets liés aux spectacles LOVE et Dralion. En 2006, Guy Lemire est nommé spécialiste en recherche et équipement acrobatique au Cirque du Soleil , un mandat qui le mène à sa première présence, avec ZAIA, à la table de création d’un spectacle du Cirque. " La sécurité des artistes doit demeurer notre souci premier, avoue Guy Lemire . Au plan créatif, je suis particulièrement fier d’avoir participé à la conception des équipements du numéro de trampoline, qui fait appel à deux pistes croisées, fixées au centre par une planche sautoir, laquelle est dotée d’un système complexe permettant aux deux unités de se répondre. " Guy Lemire est né en 1964, à Baie-du-Febvre, au Québec.
Le Montréalais d’origine suisse Axel Morgenthaler est reconnu comme l’un des artistes visuels les plus innovateurs au Québec, ayant fait sa marque tant comme scénographe que comme concepteur d’éclairages et artiste multimédia dans les milieux des arts de la scène et de l’architecture. Après avoir travaillé en Europe où il poursuit des études en art dramatique et en génie électrique, Axel Morgenthaler se tourne vers la conception des éclairages pour la danse et le théâtre. Il utilise la lumière pour explorer de nouveaux concepts scéniques, visuels et architecturaux auxquels il intègre divers supports artistiques comme la vidéo, le multimédia et le cinéma. Bien qu’ils soient généralement intégrés à des créations chorégraphiques, théâtrales ou architecturales, ses tableaux de lumière sont des œuvres d’art à part entière. En 2002, il récolte le prix Bessie new-yorkais de la meilleure scénographie et des meilleurs éclairages pour sa contribution à la création Luna de la compagnie de danse québécoise O Vertigo. Comptant plus d’une centaine de réalisations à son actif, Axel Morgenthaler a travaillé avec d’éminents chorégraphes, y compris Édouard Lock, Ginette Laurin, Marie Chouinard ainsi que les Américains Stephen Petronio et Alonso King. Il a également participé à des créations virtuelles pour le théâtre en collaboration avec des créateurs tels que Michel Lemieux et Victor Pilon, tout en éclairant les oeuvres de metteurs en scène de renom comme Gilles Maheu, Robert Lepage, Wajdi Mouawad et Lorraine Pintal. Il a aussi signé les éclairages de productions internationales d’opéra et de théâtre du Banff Centre for the Arts, en Colombie-Britannique, du Festival de Statford en Ontario et du Shauspielhaus, à Vienne. Des producteurs des milieux du cinéma et de la télévision de partout ont aussi fait appel aux talents d’Axel Morgenthaler, y compris Tony et Ridley Scott, les réalisateurs de la série télévisée The Hunger. Son travail comme artiste visuel a été présenté dans le cadre d’expositions au Canada, aux États-Unis, en France et en Suisse. Il a réalisé, sur commande, de grandes œuvres permanentes de mise en lumière à l’aéroport international de Montréal, dans le métro de Montréal ainsi qu’à l’hôtel W. En 2001, il fonde la compagnie de design visuel Photonic Dreams afin de proposer une approche visuelle multidisciplinaire des arts de la scène, de l’architecture et des projets d’exposition d’œuvres d’art. Tout récemment, son travail comme concepteur des éclairages dans le cadre du projet du Quartier des spectacles de Montréal lui a valu une reconnaissance mondiale; il a notamment signé les éclairages distinctifs du lieu et mis en lumière certains des monuments culturels de la ville. " Bien que l’action de ZAIA se déroule dans le cosmos, il ne s’agit pas d’une interprétation scientifiquement exacte de cet environnement, souligne Axel Morgenthaler. Le défi était donc de créer des moments intimes et ludiques dans un espace énorme plongé dans l’obscurité. Il fallait aussi relever le défi d’établir un équilibre entre les éclairages de scène et les projections vidéo, qui constituent un des éléments fondamentaux du spectacle. " Axel Morgenthaler est né en 1964, à Berne, en Suisse.
À mi-chemin entre les arts visuels, les nouveaux médias et la cybernétique, Geodezik est une compagnie de design et de production multimédia spécialisée dans la création de projections vidéo destinées à la scène et aux espaces publics, y compris les expositions muséales et les installations architecturales permanentes . La très inventive entreprise montréalaise, fondée en 2006 par Jimmy Lakatos, Mathieu St-Arnaud, Raymond Saint-Jean et Olivier Goulet, a mis ses compétences en conception vidéo, en design " vidéo-scénographique " et en animation au service de nombreux artistes et compagnies du milieu culturel partout en Amérique du Nord. Le metteur en scène Gilles Maheu, la compagnie de danse O Vertigo, l’humoriste Stéphane Rousseau, les groupes rock américains Linkin Park et The Killers ainsi que le chanteur Justin Timberlake ont tous fait appel aux talents exceptionnels de Geodezik. L’entreprise a également conçu les projections vidéo du nouveau spectacle de la chanteuse Bette Midler et de celui de la chanteuse Cher, tous deux à l’affiche à Las Vegas en 2008. Avec ZAIA, Geodezik collabore pour la troisième fois à un spectacle du Cirque du Soleil , après avoir conçu le système de diffusion vidéo du spectacle DELIRIUM en 2006 et réalisé les projections vidéo du spectacle de clôture des célébrations du 400 e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, présenté à l’automne 2008. Deux membres fondateurs de Geodezik – Jimmy Lakatos et Raymond Saint-Jean – ont travaillé aux éléments vidéo de ZAIA. Jimmy Lakatos Issu du milieu des arts visuels, Jimmy Lakatos a emprunté un parcours inusité qui l’a mené à la " vidéo-scénographie ", dont il fait aujourd’hui sa spécialité. Fidèle collaborateur depuis une quinzaine d’années des metteurs en scène Michel Lemieux et Victor Pilon, il est l’un des fondateurs d’Artificiel, un groupe de création numérique multidisciplinaire situé à Montréal dont les créations ont été vues dans des festivals et des musées partout en Europe, en Amérique latine et en Amérique du Nord. Raymond Saint-Jean Réalisateur, concepteur vidéo, scénariste et monteur, Raymond Saint-Jean a amorcé sa carrière en réalisant des vidéo-clips et des courts métrages. Depuis, il a tourné des fictions, des documentaires et des films sur les arts de la scène. En 2003, il a remporté le prix Rockie du Festival de la télévision de Banff pour son documentaire Le Mozart noir. En 2006, son documentaire Ville fantôme a raflé trois prix au festival de Yorkton, dont le prestigieux Golden Sheaf Award of Excellence. " Avec la puissance expressive et la complexité narrative des images dont s’alimentent les créations artistiques d’aujourd’hui, les concepteurs vidéo sont appelés à raconter des histoires plutôt qu’à simplement créer des textures ou des fonds de scène, souligne Jimmy Lakatos. Avec le Cirque du Soleil, nous avons la chance inouïe de pouvoir créer des éléments scéniques d’une envergure inégalée avec une totale liberté de création. " " Pour ZAIA, nous avons conçu une sphère autoportante de 2 300 kg, précise Raymond Saint-Jean. Il s’agit d’une sculpture vidéo qui projette, dans un rayon de 360 degrés, des images provenant de six projecteurs placés à l’intérieur de la sphère : c’est du jamais vu. Cette sculpture-mosaïque se transforme en planète, en Terre ou en Lune, selon les besoins du récit. "
Steven Dubuc était encore au collège lorsqu’il a commencé à travailler, en 1980, comme ingénieur du son dans une entreprise de sonorisation à Montréal. Deux ans plus tard, il entreprend sa première tournée à titre d’ingénieur du son avec le groupe Powder Blues Band, parcourant le Canada d’un océan à l’autre, s’arrêtant dans 57 villes en 60 jours. Autodidacte et aventureux, Steven Dubuc se rend à New York en 1987 où il s’enrôle au Cirque de Moscou en tant que chef sonorisation. En 1990, il assume le rôle de technicien du son pour la tournée nationale Les Misérables. De retour à Montréal en 1992, il occupe le poste de responsable de la sonorisation au Forum de Montréal. Steven Dubuc se joint au Cirque du Soleil pour la première fois en 1994. Il sera tour à tour directeur technique d’Alegría et directeur technique de la tournée nord-américaine du spectacle Quidam. Steven Dubuc quitte le Cirque en 1997 pour devenir directeur de projet (audio) du « Disneyfest Asia », en tournée à Singapour et à Taipei, ainsi que de la Coupe du monde du soccer, en France. Ces mandats le mènent au centre de diffusion internationale des Jeux olympiques 2000 de Sydney, où il sera directeur de projet. En 1999, il assumera la responsabilité du système électrique de la tournée mondiale de Céline Dion et apportera son support et son expertise technique aux Championnats mondiaux de Formule 1. Steven Dubuc revient au Cirque du Soleil comme directeur technique de Zumanity en 2002, puis comme superviseur de projet (audio) l’année suivante. Il rentre à Montréal pour assumer le rôle de directeur technique pour divers projets et retourne à Las Vegas en 2005 comme directeur technique associé du spectacle LOVE. « Une grande salle de spectacle n’est rien si elle est plongée dans le silence absolu, souligne Steven Dubuc. On doit lui donner une texture acoustique. Le concept sonore est à mi-chemin entre l’art et la technologie. Au Cirque du Soleil, l’environnement sonore et les autres stimuli sensoriels immergent les spectateurs dans l’univers du spectacle dès qu’ils entrent dans le foyer du théâtre. » Steven Dubuc est né en 1962, à Belœil, au Québec.
Depuis son adolescence, Nathalie Gagné est fascinée par le maquillage et par son influence sur le travail de l’acteur. « C’est le reflet de l’âme des personnages », dit-elle en notant également que les maquillages sont « la baguette magique qui enlève les inhibitions ». Après ses études en production théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe, au Québec, elle a été une des premières diplômées de la filiale montréalaise de la célèbre école de maquillage parisienne Christian Chauveau. Avant de se joindre au Cirque du Soleil , Nathalie Gagné a travaillé dans les domaines du théâtre, du cinéma et de la télévision. À deux reprises, elle a été mise en nomination pour le Gémeau des meilleurs maquillages, toutes catégories, décerné par l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision. De plus en plus, Nathalie Gagné cherche à associer les artistes à la création de leur physionomie scénique. « Les acrobates, contrairement aux acteurs, sont peu habitués à observer leur visage. Une de mes préoccupations est de les amener à le faire et à trouver, en eux et avec eux, des lignes de force qui serviront à construire leur personnage », dit celle qui a créé, depuis 1995, plus de 200 concepts de maquillage au Cirque du Soleil . Ses concepts définitifs ont été choisis parmi plus de 2 000 esquisses. Nathalie Gagné a réalisé les nouveaux concepts de maquillage des spectacles Mystère, Alegría et Saltimbanco, qui l’ont amenée à travailler avec Franco Dragone à la mise en scène et avec Dominique Lemieux aux costumes. Après Quidam, «O», La Nouba, Varekai, Zumanity, KÀ, Corteo, DELIRIUM et LOVE, elle participe pour la dixième fois à la conception d’un spectacle du Cirque du Soleil . Nathalie Gagné est également responsable du respect des concepts de maquillage qui portent sa signature. Comme ces concepts sont réalisés par les artistes eux-mêmes, des ateliers de maquillage sont maintenant intégrés à la formation générale offerte à tous les artistes du Cirque du Soleil . En plus d’apprendre à chaque artiste à réaliser son propre maquillage, Nathalie Gagné rédige à leur intention un guide d’application « étape par étape ». La diversité caractérise les maquillages de ZAIA. « J’ai voulu affirmer la personnalité de chacun des personnages, tout en tenant compte de certains airs de famille dus à leur appartenance à diverses collectivités, explique Nathalie Gagné. Certains artistes incarnent aussi plusieurs rôles, ce qui a posé un défi au plan de la rapidité des changements. J’ai alors opté pour des masques souples de couleur peau qui donnent une impression de naturel et auxquels on peut ajouter ou enlever des éléments au fur et à mesure. » Nathalie Gagné est née en 1963 à Trois-Pistoles, au Québec.
D’aussi loin qu’il se souvienne, Leonid Leykin a toujours voulu être un artiste de cirque et, plus particulièrement, un clown. Il a fait ses études à la célèbre Licedei, une école de théâtre de Leningrad spécialisée dans les arts clownesques, sous la tutelle de Slava Polunin, largement considéré comme le plus grand clown au monde qui s’est fait connaître tant par ses réputés spectacles solo que par ses prestations dans certaines productions du Cirque du Soleil. Pendant de nombreuses années, Leonid Leykin a parcouru le monde au sein de la compagnie Licedei, avec laquelle il a voyagé en Amérique du Nord pour la première fois. À cette époque, il était également metteur en scène au théâtre dans sa Russie natale, acteur au cinéma et artiste invité au Cirque du Moscou. Il a aussi tenu la vedette de sa propre émission de télévision qui présentait des numéros de comédie et à laquelle des célébrités russes étaient invitées. Pour Leonid Leykin, l’art du clown ne se résume pas à de simples bouffonneries qui font rire les gens. « Le clown jouit d’une grande liberté, dit-il. Même à l’époque de l’Union soviétique, le clown pouvait se dresser en marge de la société et proposer une perspective tantôt comique, tantôt triste de la condition humaine. » Le Cirque du Soleil a courtisé Leonid Leykin pour la première fois en 1993, mais en raison du succès de Licedei, ce n’est que quatre années plus tard qu’il a pu se joindre à la troupe québécoise. En 1998, il s’engage dans la tournée européenne d’Alegría et, en 2000, se joint au spectacle «O» à Las Vegas, où il crée un numéro de clown mémorable très aimé du public. Il restera avec la troupe jusqu’en 2007. « Mon approche des arts clownesques est davantage lyrique et poétique plutôt qu‘axée sur le slapstick, explique-t-il. Je peux être debout sur la scène à ne rien faire et tout le monde comprendra exactement ce que je veux dire. » C’est la première fois, avec ZAIA, que Leonid Leykin crée un numéro clownesque pour un artiste autre que lui-même. « Trouver un excellent clown n’est pas chose facile, dit-il. Nous avons trouvé deux clowns merveilleux pour ZAIA. L’un est Italien et l’autre est Canadien d’origine française. Lorsque nous avons des clowns de ce calibre devant nous, on ne peut faire autrement que se reconnaître en eux. » Leonid Leykin est né en 1961, à Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). |
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